Pouvez-vous nous décrire ce qu’est la Furūsiyya ?
Au niveau linguistique, le terme furūsiyya vient de la racine FaRuSa, qui signifie : « être versé dans tout ce qui concerne les chevaux ». La furūsiyya, c’est l’action de ce verbe, c’est-à-dire le fait d’avoir des connaissances dans le domaine des chevaux et de leur monte. La furūsiyya est un concept large et fluctuant, dont l’acception peut changer en fonction des périodes et des personnes qui l’emploient. Bien plus que l'art équestre ou la simple équitation, la furūsiyya englobe un ensemble complexe de connaissances, à la fois théoriques et pratiques, sur tout ce qui est relatif au cheval. D’une part, la généalogie, l'hippologie (étude des sciences du cheval dans sa globalité), l'équitation, le dressage, l'hippiatrie (forme ancienne de la médecine vétérinaire concernant les chevaux), la maréchalerie et l'élevage. La cavalerie ayant constitué pendant des siècles l’élite des armées, l’art militaire et tactique constitue d’autre part un pan très important de la furūsiyya, particulièrement tout ce qui concerne le maniement des armes (que ce soit monté ou à pied). La chasse et le polo, activités ayant vocation au divertissement mais considérées comme d’excellents préparatifs à la guerre, en font également partie. Enfin, le concept revêt aussi une dimension morale, notamment de courage et de générosité. Cette somme de savoirs qu’est la furūsiyya s’acquiert par une éducation approfondie, réservée à l’élite politique, culturelle et/ou guerrière.

