On peut en effet parler d’aventure, et quelle aventure ! À notre arrivée il y a cinq ans, nous savions que nous avions affaire à un patrimoine d’exception et que les recherches apporteraient leur lot de découvertes. Ce à quoi nous ne nous attendions pas, c’est la densité, la richesse et le très bon état de préservation du matériel archéologique et des vestiges (céramique, statuaire in situ dans des contextes archéologiques intacts), permettant des avancées déterminantes et majeures en termes de chronologie, de contacts avec les autres peuples et civilisations. Il y a eu tant de moments forts que cela reste difficile de choisir ! Celui qui me vient à l’esprit est la découverte par l’équipe franco-saoudienne de Dadan (CNRS/KSU) d’une statue colossale lihyanite de près d’une tonne, en remploi dans un mur tardif du grand sanctuaire du dieu Dhu Ghaybat. Sa dépose, que nous avons organisée au musée d’AlUla avec la Commission Royale pour AlUla, au printemps 2022, fut un grand moment. Par un hasard de calendrier, cela a coïncidé avec le moment où nous coordonnions avec notre partenaire le prêt au musée du Louvre à Paris d’une autre statue colossale appartenant à la même série. Elle trône désormais dans la salle 314 des Antiquités Orientales et c’est toujours une grande émotion de lui rendre visite.

